Tous les cris, les S.O.S.
Daniel Balavoine,
Les Destins Brisés
de la Chanson


Jacques Mezeau

Chanteur profondément humaniste, il sut comprendre son temps et sa génération mieux que
quiconque. Il laisse le souvenir durable d'un créateur fait de talent, de générosité et de franchise.

Remerciements à Mina pour ce document

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Quand il arrive à Paris en 1970, Daniel a une petite expérience de la chanson mais une grande envie de réussir. C'est déjà le battant qu'il restera durant toute sa courte vie. Né le 5 février 1952 à Alençon, dans l'Orne, il est le septième et dernier enfant d'une famille plutôt aisée.

Son père est ingénieur des Ponts et Chaussées, sa mère une La Magdeleine, une aristocrate d Sud-Ouest. L'ambiance à la maison est celle d'une famille décontractée, où les frères et soeurs font preuve de solidarité, comme dans toutes les familles nombreuses.

Mais Daniel est le petit dernier et de ce fait le benjamin auquel on passe tout.

Enfance heureuse donc, même si son père est d'un naturel introverti et qu'il ne comprend pas très bien les aspirations artistiques de certains de ses enfants, en particulier de Daniel, qui manifeste déjà des talents de musicien en battant plus que de raison sur un tambourin.

Les années passent entre Bordeaux et Biarritz au gré des obligations professionnelles du père, puis en 1960, tout bascule. Son père est muté en Algérie, sa maman décide de changer radicalement de vie en suivant un autre homme. Frères et soeurs s'en vont donc, certains pour un métier, d'autres pour un amour ou le service militaire. Daniel, lui, est en pension à Hasparren avec son grand frère Guy. Mais déjà il fait montre d'un esprit frondeur qu'il conservera tout au long de sa vie. Il ne supporte pas l'uniforme, pas plus que l'autorité des maîtres ! C'est là, raconte-t-il, qu'il fit sa première fugue mais aussi qu'il découvrit la musique en écoutant les Beatles...

Pour fuir cette ambiance étouffante, il prétexte une vague vocation de prêtre et se retrouve externe à l'Immaculé Conception de Pau. C'est l'époque aussi où ses trois frères, Bernard, Guy et Yves, chantent ensemble du Hugues Aufray et du Bob Dylan.

Un bel exemple, qui ne sera pas sans importance dans le déroulement futur de sa carrière.

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DE GALERE EN GALERE ...

Arrive 1968, l'année de tous les changements. Comme de nombreux autres étudiants, Daniel remet tout en question. Entré au lycée de Pau, il fait grève, revendique, déjà concerné par les problème de notre société.

Il a dans l'idée de faire Sciences-Po et d'être député, mais vite le mouvement et ses leaders le déçoivent. Du coup, il abandonne ses études et choisit la musique, largement influencé par les Stones qu'il écoute avec passion.

Il commence à se produire à la Maison de la Jeunesse et de la Culture de Pau, et le succès qu'il y obtient le pousse à constituer des groupes amateurs pour faire les bals de province.

On le voit dans des orchestres aux noms très évocateurs pour l'époque : Purple Eruption, The Shake's ou Réveil. Tous les weeks-ends, il chante du rocks tandis qu'en première partie un orchestre plus classique joue de la musique pour les anciens.

Expérience peu gratifiante mais qu'il dira n'avoir jamais regrettée, tout en reconnaissant que ses chansons étaient bien mauvaises.

Quoi qu'il en soit, cette galère ne peut durer bien longtemps.

Daniel a soif d'autre chose, en tout cas d'une plus grande réussite. Raison suffisante pour qu'avec les copains de son groupe Réveil il monte à Paris tenter la grande aventure. Très vite, alors qu'il faut tout prendre en charge, répéter, fabriquer des affiches, convaincre de tourneurs, les copains s'avouent vaincus et retourne dans leur province. Daniel, lui, s'accroche.

Il cherche où amarrer son talent quand il rencontre le groupe Présence qui vient d'éclater en ayant perdu Erick de Saint Laurent, l'une des récentes stars de la pop music française. Ceux qui restent cherchent alors un nouveau chanteur et tombent sous le charme de sa personnalité, de son talent mais surtout de sa grande connaissance du répertoire anglais, et le préférant à Laurent Voulzy qui court lui aussi les engagements. Comme Daniel a de la voix, ils pourront faire du hard et ressasser les Deep Purple sans sombrer dans le ridicule !

Et voilà le groupe embarqué dans des tournées provinciales, déchaînant déjà des publics assoiffés de pop et de rock. Daniel commence à connaître le vrai succès.

Du coup, pourquoi ne pas tenter l'aventure du disque ? Le groupe enregistre alors un 45 tours chez Vogue avec une chanson titre, Le jour s'est levé et en face B, La lumière et la folie.

Quand il sort, en 1971, le disque ne se vend qu'à 247 exemplaires ! Qu'importe !

Daniel n'est pas de ceux qui baissent les bras pour si peu. En mai 1972, il décide de quitter le groupe et de tenter sa chance en solo. Ce qui n'est pas le cas dans sa vie privée, puisqu'à la même époque il décide de se marier ! Elle s'appelle Dominique, elle est belle et pol