Daniel Balavoine
 
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par Gilles Verlant et J. Christophe Pasquier--Trotot Extrait du livre "Balavoine",
Editions Albin Michel (Octobre 1995, Février 2002).
 

C'était un gars bien, intelligent comme on en trouve peu dans le Show Business. Il avait beaucoup de talent.

Il savait parfaitement où il voulait aller. J'ai eu le privilège de le rencontrer. J'ai eu la chance d'obtenir sa confiance.

Daniel Balavoine & Leo Missir

Je lui ai tenu la main durant toute la partie de sa trop courte vie d'artiste que vous allez découvrir ou redécouvrir ici. J'en suis fier.

Léo Missir, décédé le 10 octobre 2009


Nous sommes à Gao, au Mali, le 14 janvier 1986. Ce jour-là, à la demi-étape du Paris-Dakar, on s'inquiète des conditions météo, qui sont détestables. Le matin, un mauvais vent de sable s'est levé. Thierry Sabine, l'organisateur de la course, fait le point avec le journaliste Jean-Luc Roy avant de remonter à bord de son hélicoptère. Sur ces entre faits arrive Daniel Balavoine, à qui Thierry a promis un baptême en hélicoptère.

Daniel Balavoine & Thierry Sabine

Daniel n'est pas très chaud, lui qui a horreur de prendre l'avion parce que ça lui file les jetons... Il demande à Jean-Luc: "Tu es sûr que tu me laisses ta place ?" avant de grimper dans l'hélicoptère. A bord, outre Daniel et Thierry, se trouvent Nathalie Odent, journaliste, Jean-Paul Le Fur, radio, et François-Xavier Bagnoux, un pilote expérimenté.

Helicoptère accidenté

Un peu plus tard, l'hélicoptère est obligé de se poser, la visibilité étant épouvantable. Sabine demande qu'on leur envoie des secours. Puis, pour une raison inexplicable l'hélicoptère redécolle. Quelques minutes plus tard, il percute ce que certains estimèrent être une dune de sable. Il n'y aura aucun survivant. [ en savoir plus... ]

         
Daniel Balavoine aurait eu trente-quatre ans le 5 février 1986.
Article du Nouvel-Observateur (14/01/2006)
détaillant les circonstances de l'accident.

Découvrez la suite de l'extrait de la biographie proposée par Gilles Verlant :

Beauvarlet, 1986 Gilles Verlant, 1995 L'Essentiel, 2000
         

Découvrez aussi la biographie de Daniel Balavoine à travers l'article « L'ascension de l'apprenti-chanteur », proposée par Thierry Rouault, dans le n°173 du magazine Juke Box de décembre 2001 et reprise par Fabien Lecoeuvre dans son livre « Balavoine parmi nous » (Editions du Rocher, janvier 2011).

         

Vous trouverez les années marquantes de la vie de Daniel à la fin de la biographie.

Vous trouverez de nombreuses autres informations sur Daniel Balavoine dans l'un des livres ci-contre.

Références d'autres livres
dans les pages Presse

Gilles Verlant, 2002 Didier Varrod, 2006 Lecoeuvre, 2006 Rouault, 2006
         


Une biographie et une discographie
sont aussi à votre disposition sur ces sites :

Wikipédia

Alerterouge.com Biographie de Daniel Balavoine
Biographie de Daniel Balavoine Charts in France.net

RFI Musique

Universal Music©


Ce n'était pas la première fois que Daniel participait au Dakar: en tant que concurrent, il avait couru en 1983 et en 1985. Mais cette année-là, c'est pour des raisons humanitaires qu'il se trouvait en Afrique. Lors des deux rallyes précédents, il avait vu la pauvreté, la sécheresse, la famine, les enfants qui, à quatre pattes, attrapent les mouches parce qu'il n'y a rien d'autre à manger... Avec son tempérament de révolté, d'écorché vif, de mec qui ne supportait pas la moindre injustice, il avait mis au point, sur les conseils de Lionel Rotcage (décédé en septembre 2006), le représentant en France du Band Aid, qui venait en aide aux enfants d'Ethiopie (les concerts avaient eu lieu le 13 Juillet 1985), une opération qui allait permettre d'amener au Mali cinquante pompes à eau afin d'aider les populations locales à irriguer les sols et à subsister grâce à leurs récoltes. C'est exactement cela que Daniel s'était chargé de faire en Afrique lorsque la mort l'a surpris.

Petite foule danse/ Autour d'un corps s'endormant/ Douceur immense/ Pour le départ d'un parent / Calmement / Peint aux couleurs de l'artifice / Des bleus lisses et roses et blancs / Et lentement / Visages tendres sur l'herbe glissant / Se sourient en chuchotant / Et sans le moindre tourment / Ils fêtent mon enterrement

On a beaucoup évoqué cette chanson magnifique "Partir avant les miens", qui figurait sur l'album "Loin des yeux de l'occident", après sa disparition. Certains ont voulu y voir une prémonition.

Rien n'est plus faux: même s'il évoquait souvent la mort, dans ses textes, il adorait la vie, il adorait sa vie. Ce n'est pas un mec malheureux qui s'est tué dans le désert: il avait un petit garçon, une petite fille était attendue, il avait une femme qui l'aimait, un public qui l'adorait et des projets plein la tête. Il venait de sortir "Sauver l'amour", son plus bel album et sa réputation de "porte-parole de la jeunesse, depuis le fameux incident face à François Mitterrand, à la télévision en 1980, avait progressivement évolué: à un journaliste radio qui lui avait demandé ce qu'il attendait de l'avenir, Daniel avait répondu ceci...

"Je ne crois pas aux miracles. Je me dis que, pour que ça s'arrange, il faudrait que les gens comme moi qui ont tendance à avoir une grande gueule, je reconnais que j'ai cette maladie-là, les gens qui font de l'incontinence verbale et qui remuent et débattent toujours de grandes idées aux yeux du grand public, doivent avoir une vie qui soit le plus possible en concordance avec ces idées, qu'ils balancent. Il faut que moi ,en premier, j'essaye d'avoir une vie qui ressemble à ce que je dis. Si je dis que c'est une honte qu'il y ait le fascisme en Argentine ou en URSS, il faut que je me batte contre ça. Et si Amnesty International me demande de l'aide, il faut que leur donne de l'aide. J'ai toujours dit que je donnerais de l'aide et puis jusqu'à présent, je le dis sans honte, je ne l'ai pas vraiment fait. A partir de maintenant, il va falloir que je le fasse. Partant de cet exemple, ce que je souhaite c'est que tous les gens qui prétendent avoir de bonnes idées se mouillent."

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Une vie en concordance avec ses idées... Idéaliste, Daniel l'avait toujours été. Après avoir fait une partie de ses études en pension religieuse, ce qu'il avait détesté, dans son Sud-Ouest natal, entre Biarritz, Pau et Dax, il s'était investi à fond dans la "révolution avortée" de mai 1968. A l'époque, il avait même songé faire carrière dans la politique, au niveau régional, "parce qu'il y avait des choses à faire, surtout du côté social". Daniel avait seize ans et il avait très rapidement compris que pour être politicien, il allait forcément se compromettre, faire des concessions, côtoyer des "connards"... L'un de ses trois grands frères, Bernard, qui hésitait entre la musique et la médecine, venait d'abandonner sa guitare pour s'inscrire en fac. Daniel récupéra la guitare. Pour changer le monde, il allait être chanteur !

Daniel Balavoine & Michel Chevalier

Tout commence par des groupes de balloche, des soirées dansantes le week-end, des chansons de Bob Dylan dans les M.J.C. Les choses deviennent plus sérieuses quand il forme ses premiers groupes de rock. Il essaye de monter à Paris une première fois, puis une deuxième. Penaud, il revient à Pau. La troisième est la bonne: sa réputation d'excellent chanteur, de voix hors du commun, circule dans le milieu de la musique pop Made In France du début des années soixante-dix. Il est engagé par le groupe présence; quinze jours plus tard, en 1971, il entre en studio pour l'enregistrement de son premier 45 tours, qui sort chez Vogue et se vend à... deux cent quarante-sept exemplaires ! Deux titres qui oscillent entre rock progressif, gueulantes hardos et plânerie façon Pink Floyd. Puis il y a un premier 45 tours solo, en 1973, nouveau bide, et des petits boulots pour survivre: Daniel et son frère Guy sont choristes et font des séances à droite et à gauche. Pour un autre débutant nommé Alain Bashung. Pour une pub des montres Kelton. Pour une comédie musicale d'Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg, "La Révolution française", en 1973. Puis pour Patrick Juvet en novembre de la même année.

Eh oui, c'est lui qui donne à Daniel sa première chance. Sur un album intitulé "Chrysalide", il lui demande d'écrire plusieurs chansons. Mieux encore, Patrick lui laisse chanter "Couleurs d'automne", se contenant de l'accompagner au piano. Ce titre, tendre et sophistiqué à la fois, va séduire un des directeurs artistiques les plus réputés sur la place de Paris, Léo Missir, des disques Barclay. Il convoque Daniel dans son bureau et lui demande ce qu'il désire. Balavoine, nullement impressionné, planqué sous ses longs cheveux bouclés, exige les choses les plus ahurissantes, venant d'un petit chanteur de vingt-deux ans à peine: "Je veux bien travailler avec vous, mais sous certaines conditions. Je veux un album par an et je veux une totale liberté: liberté de choisir mes chansons, mes musiciens, mon ingénieur du son et le studio d'enregistrement !" Ce qui est encore plus étonnant, c'est que Léo Missir accepte sans sourciller. Il croit dur comme fer au talent de Daniel. De la foi, il lui en faudra: les deux premiers 33 tours en 1975 et 1977 ne reçoivent qu'un "succès d'estime", comme on dit poliment. Autrement dit bonnes réactions des médias mais ventes minuscules.

C'est sous une pochette style carte postale rétro, en mars 1975, que sort son premier album, "De vous à elle en passant par moi" . Les chansons parlent du seul sujet qui le concerne vraiment, les femmes ! Tout Balavoine est déjà dans ces chansons mais il fut tellement attristé par leur insuccès qu'il ne les rechanta jamais par la suite, pas plus d'ailleurs que le single "Vienne la pluie" qui sort peu de temps après. Il à déjà un projet ambitieux en tête: c'est en avril 1977 que sort le concept-album "Les Aventures de Simun et Gunther... Stein", l'histoire de deux frères, que le Mur de Berlin a séparés et qui s'écrivent des lettres. L'idée de cette suite de chansons lui était venue lors d'un voyage de quelques jours effectué en Pologne quelques mois plus tôt... "Sur les plateaux de la télévision" racontait-il, "j'ai d'abord rencontré un chanteur dont le rêve était d'aller chanter à Paris, à l'Olympia, mais qui ne le pouvait pas... J'ai trouvé ça vraiment odieux et lamentable. Puis dans la ville, j'ai constaté de drôles de choses. Dans mon hôtel, j'ai vu des gens qui vendaient clandestinement des revues pornos. Dans les grands magasins, j'ai vu des rayons avec mille fois la même paire de gants ou le même imperméable... ça m'a remué le coeur, je me sentais mal, j'ai eu envie de gueuler, j'ai pris le prétexte du Mur de Berlin parce que c'était la seule chose qui me paraissait concrète à ce point-là, c'est à dire que c'est quelque chose qui est vraiment bâti contre la liberté individuelle et qu'on peut toucher du doigt."

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Les ventes de ce deuxième album restent confidentielles mais grâce à des chansons comme "Lady Marlène" ou "La porte est close", il va voir, paradoxalement, les portes s'ouvrir devant lui. Michel Berger, qui est en train d'achever l'écriture de l'opéra rock "Starmania ", avec son complice Luc Plamondon, aperçoit un jour Daniel chantant à la télévision. Il n'en revient pas. C'est exactement la voix qu'il recherchait pour l'un des deux personnages principaux de son histoire, le rôle de Johnny Rockfort, un loubard au coeur tendre... Ils se rencontrent et c'est une grande histoire d'amitié qui commence, Michel lui fait chanter "Quand on arrive en ville" puis il lui écrit, sur mesure pourrait-on-dire, l'une de ses plus belles chansons, le "S.O.S. d'un terrien en détresse".

La version originale studio de "Starmania " sort en avril 1978. Quelques semaines plus tard, les radios reçoivent le troisième album de Daniel Balavoine, intitulé "Le Chanteur", tout simplement. Cette fois, il n'a plus droit à l'erreur. Eddie Barclay le lui a clairement signifié: ses disques coûtent cher et ne se vendent pas ! En colère, Daniel a, en une demi-heure, sur un coin de console, en studio, griffonné des paroles à la fois cyniques, féroces, humoristiques et pleines d'espoir. En trois minutes cinquante, elles racontent le début, le milieu et la fin d'une carrière de star...

"Le Chanteur": un million de 45 tours vendus, un des plus gros tubes de la saison 1978-1979. Dans la foulée, huit cent mille albums... Sa carrière est sur orbite, d'autant qu'entre le 10 avril et le 3 mai, il prouve au tout-Paris qu'il est aussi une bête de scène: c'est au Palais des Congrès qu'ont lieu les représentations de "Starmania " dans sa première version scénique et mythique, avec Diane Dufresne, France Gall, Etienne Chicot, Fabienne Thibault, Nanette Workman et Daniel Balavoine, alias Johnny Rockfort !

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Sans perdre de temps, il sort son quatrième album, "Face amour face amère" en octobre 1979, avec de splendides chansons d'amour dédiées à sa fiancée du moment, telle "Rougeagèvre". Il vient également de proposer une chanson à Johnny Hallyday, "Je ne suis pas un héros": déçu par l'interprétation de l'idole, qui se rattrapera en 1990 à Bercy avec une très belle version "live", il la reprend bientôt à son compte. Accompagné par le groupe Clin d'Oeil - dont il n'est, affirme-t-il à longueur d'interview, que le "musicien-chanteur" - , il monte son premier spectacle, une tournée qui passe par l'Olympia du 31 janvier au 2 février 1980...

Quelques semaine plus tard, il se retrouve sur un plateau de télévision, face à François Mitterrand, premier secrétaire du Parti Socialiste. Balavoine, du haut de ses vingt-huit ans, est supposé représenter la jeunesse française lors d'un débat, au cours du J.T. de la mi-journée. Sauf qu'on ne lui pas accordé la parole depuis quarante minutes. Il bout dans son coin, il n'en peut plus. Et il fait scandale en annonçant que si c'est comme ça, il s'en va ! Mitterrand le retient mais c'est pour se faire entendre dire que de toute façon, les jeunes en ont assez de la politique, qu'ils sont désespérés et que le désespoir peut mener à des choses comme le terrorisme, et toc ! Le lendemain, dans la presse, c'est à qui fera les plus gros titres sur ce chanteur qui n'a pas sa langue dans sa poche. "Etes-vous balavoiniste ?" s'interroge un chroniqueur politique, comme s'il s'agissait d'une nouvelle tendance... Un certain Coluche va, quelques mois plus tard, pousser le bouchon un peu plus loin en se présentant comme candidat aux élections présidentielles. C'était pas pour rien que Daniel et lui étaient d'excellents potes...

Des scandales à la radio et à la télé, il y en aura d'autres, notamment lors d'un fameux "Sept sur Sept" au cours duquel Daniel s'en prend aux anciens combattants qui disent "les jeunes, ce qui leur faudrait, c'est une bonne guerre !". Mais entre-temps Daniel a rêvé d'"Un autre monde", c'est le titre d'un nouvel album qui fait un triomphe grâce à des tubes impeccables, tels "Mon fils ma bataille", "Lipstick polychrome" ou "La vie ne m'apprend rien".

Sa métamorphose artistique se poursuit au fil des tournées et des rencontres. Après sept ans de bons et loyaux services, il se sépare de Clin d'Oeil et recrute pour son sixième album studio, "Vendeurs de larmes", des pointures nommées Christian Padovan (basse) et Joe Hammer (batterie), une rythmique d'enfer. Les vendeurs de larmes en question, c'est bien sûr les chanteurs, qu'ils soient engagés ou de charme, ces mecs qui font craquer le coeur des filles: quatre ans après "Le chanteur", un regard tendrement critique sur cette corporation à laquelle, après tout, il appartient...

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"Soulève-moi est l'exemple type de ce que j'appelle une chanson d'amour" explique Daniel en avril 1982, "c'est l'histoire d'un jeune mec qui est un peu perdu, qui s'en va dans Pigalle et qui pour la première fois s'adresse à une prostituée. Il pense à toute la pourriture qu'il y a autour, la seule chose qui puisse lui faire oublier ça, c'est de faire l'amour avec une femme. Parce que c'est vrai qu'à ce moment-là, je le dis sans vulgarité aucune, ça aide. Je crois que l'amour physique est une chose qui aide la tête et la chanson veut simplement raconter ça." Du 9 au 13 juin, on l'applaudit au Palais des Sports, à Paris, une salle mythique (avant le Zénith et Bercy, Johnny et bien d'autres y avaient donné des spectacles mémorables) qu'il remplit sans problème, malgré la présence, au même moment, des Rolling Stones et Simon & Garfunkel à l'hippodrome d'Auteuil... Six mois plus tard, il participe à son premier Dakar. Il en revient bouleversé et son album suivant, qui sort en octobre 1983, s'en ressent. Le titre d'abord, "Loin des yeux de l'occident", et la pochette, où on le voit assis entre deux dames, deux grands-mères, l'une black, l'autre chinoise...

A l'exception des "Petits lolos", le seul titre léger de cet album essentiel, qui se situe quelque part entre la chanson rock et la world music, chaque titre aborde un sujet grave: la condition féminine ("Pour la femme veuve qui s'éveille"), les dictatures d'Amérique du Sud ("Revoluciòn"), la torture ("Frappe avec ta tête") et même la drogue, avec "Poisson dans la cage", dédié à l'un de ses proches amis tombé dans la came. "Si j'étais un religieux, je crois que l'image du Diable pour moi ce serait ça: la drogue !" déclare t-il au cours d'une interview.

On pouvait plus rien faire / C'est écrit sur son tombeau / Parti en faisant / Un voyage de trop / C'est la dose / Qui l'a mis k.o.

L'année précédente, il avait vu Peter Gabriel en concert, ce qui l'avait beaucoup impressionné et son nouveau spectacle, qu'il rôde sur les routes de France entre l'hiver et le printemps, puis qu'il présente à Paris, à nouveau au Palais des Sports, en septembre, s'en ressent. D'une haute technicité, d'une grande élégance, de par son dépouillement, il laisse les spectateurs complètement émerveillés...

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Peter Gabriel était son héros, il avait même été question d'une collaboration, de chansons écrites ensemble. Comme Peter, pour composer son nouvel album, Daniel utilise désormais le Fairlight, qu'il a été le premier à acheter en France, et qui est pour simplifier un clavier de synthé couplé à un écran d'ordinateur, permettant de programmer, d'échantillonner des sons, de construire des rythmiques, etc... Le groupe avec lequel il enregistre l'album "Sauver l'amour" en Ecosse se réduit à Joe Hammer (batterie et drum), Andy Scott (réalisation), Matt Clifford et Daniel Balavoine (claviers), les choristes Aliss Terrel et Diane Dupuis, et un petit nouveau aux guitares, John Woolloff. Quelques semaines avant qu'il s'en aille sur le Paris-Dakar sort le premier single de ce disque, le plus abouti de sa carrière...

Et quand tu marches le soir / Ne tremble pas / Laisse glisser les mauvais regards / Qui pèsent sur toi / L'Aziza ton étoile jaune c'est ta peau / Tu n'as pas le choix / Ne la porte pas comme on porte un fardeau / Ta force c'est ton droit / Ta couleur et tes mots / Tout me va / Que tu vives ici où-là-bas / Danse avec moi / Si tu crois que ta vie est là / Ce n'est pas un problème pour moi / L'Aziza / Je te veux si tu veux de moi

L'Aziza, "la chérie" en arabe, c'est bien sûr Corinne, sa compagne, la maman du petit Jérémie, à l'époque enceinte de la petite Joana... "Corinne est juive marocaine" déclare Daniel à la télévision, "et quand j'entends qu'il faut vider les immigrés, j'ai peur qu'on enlève ma femme ! Je me suis réveillé un matin, je l'ai regardée et j'ai constaté qu'elle avait les cheveux noirs et la peau mate... J'ai compris que si j'étais amoureux d'elle, c'était sûrement la forme d'amour pour la race à laquelle elle appartient, je ne suis pas contre le racisme, je suis pour les races. Il faut arrêter de parler d'intégration. Il faut apprécier et aimer les gens pour leurs différences. Il y a un fossé entre les races, il ne faut pas essayer de le combler parce que c'est impossible. En revanche, un fossé, ça peut se franchir".

C'est en essayant de franchir le fossé, en tentant d'harmoniser sa vie et ses convictions, en voulant sauver l'amour et des vies humaines, que Daniel est mort, injustement, dans le désert malien. Il nous reste ses chansons, mais lui, il nous manque à jamais.

Qu'est-ce-qui pourrait sauver l'amour / Et comment retrouver le goût de la vie / Qui pourra remplacer le besoin par l'envie / Où est le sauveur ?

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Pour un vrai hommage à Daniel Balavoine

Signez notre pétition pour la réalisation d'un
documentaire hommage complet à la Télévision

 

par Muriel Burgraff d'après les livres de Geneviève Beauvarlet

  • 1952, 5 février : naissance de Daniel Balavoine à Alençon dans l'Orne.
  • 1968, Mai : Daniel est à Pau, au lycée Louis-Barthou. Il participe aux mouvements des lycéens. La politique l'intéresse, il veux être député. Mais sa passion tourne court. Il se réfugie dans la musique. Il tourne avec un petit groupe et fait les bals du samedi soir, ou il chante les tubes du moment.
  • 1970-1971, il monte à Paris et commence à chanter avec le groupe Présence avec qui il enregistrera chez Vogue. Deux cent quarante sept exemplaire vendus. Le groupe se dissout.
  • 1972 : Il enregistre un premier 45 tour seul. Echec.
  • 1973-1974 : Avec son frère Guy, il est engagé comme choriste dans la "Révolution Française", une comédie musicale montée au palais des sports avec les Martins Circus. Il devient le choriste de Patrick Juvet participe à son spectacle à l'Olympia, puis le suis en tournée. Il est présent lorsque Juvet enregistre son album "Chrysalide". Dans cet album une chanson est chantée par l'auteur compositeur encore inconnu Daniel Balavoine. Chez Barclay on le remarque et Daniel signe son premier contrat discographique.
  • 1975 : Premier album de Balavoine, "De vous à elle en passant par moi"
  • 1977 : "Les aventures de Simon et Gunther".
  • 1978 : "Le Chanteur". Participation à l'enregistrement de Starmania: "Quand on arrive en ville", "SOS d'un terrien en détresse".
  • 1979, 10 avril au 3 mai : Starmania est monté au palais des congrès. Daniel y tient le rôle de Johnny Rockfort. Juillet et août, il écrit la musique du film des frères Jolivet "Alors Heureux", produit par Claude Lelouch. Daniel fait ses début de comédien, en brancardier homosexuel. 4 août, numéro un sur TF1 Balavoine est en co-vedette avec Louis Chedid. Il reçoit le prix Raoul-Breton. Octobre, sortie de l'album Face amour / Face Amère disque de Balavoine et du groupe Clin d'oeil qui réunit : Patrick Dulphy guitare acoustiques, Hervé Limeretz claviers, Roger Secco batterie et chant, Bernard Serre guitare basse chant et micro synthétiseur, Colin Swinburne guitares électriques, Patrick Bourgoin cuivres, Jean-Paul Batailley batterie percussions, Guy Balavoine choeurs, Andy Scott prise de son réalisation. 24 novembre, il se produit au théâtre Sébastopol à Lille.
  • 1980, Janvier : sortie du film des frères Jolivet. 31 janvier au 2 février, l'Olympia. 16 mars, invité du journal de 12h45 sur Antenne 2, rencontre avec François Mitterrand. Intervention remarqué de Daniel.
  • 1981, 10 au 15 mars : l'Olympia. Tournée d'été. 1er novembre, invité du jeudi sur Antenne 2, émission de Didier Lecat. Décembre, sortie d'un double album enregistré en public à l'Olympia
  • 1982, Avril : album "vendeurs de larmes". Prix de diamant de la chanson française. 9 au 13 juin, Palais des sports à Paris. Juillet, deuxième expérience cinématographique "Qu'est ce qui fait craquer les filles", film de Michel Vocoret avec Guy Montagné, Gérard Hernandez, Georges Descrières, Katia Tchenco, Daniel Balavoine. Tournée dans une cinquantaine de ville à l'automne.
  • 1983 : Première participation au Paris Dakar. 2 mars : vedette de Champs Élysées sur Antenne 2. Octobre, Animateur chroniqueur sur 95.2 FM. 24 Octobre, invité de 7/7 sur TF1. Noël, présentation sur TF1 d'un conte pour enfant Abbacadabra, dans lequel jouent et chantent Catherine Ferry, Fabienne Thibeault, Plastic Bertrand, Daniel Balavoine. Auparavant, Daniel avait enregistré avec Frida du groupe Abba "Belle" une chanson extraite du conte. Dernier trimestre, sortis de l'album "Loin des yeux de l'Occident.
  • 1984 : Tournée en France. 2 avril : participation au printemps de Bourges. 15 septembre, les enfants du Rock émission sur Antenne 2 "un chanteur en état de marche". 21 au 30 septembre : Palais des Sports à Paris. Sortie d'un disque live double album Balavoine au Palais des Sports.
  • 1985 : Deuxième participation au Paris Dakar. Juillet, concert du Band Aid à Wembley, Daniel y participe. 16 octobre : participation au concert pour l'Ethiopie donné à la Courneuve. Sortie de l'album "Sauver l'amour". 31 octobre : Zénith sur Canal+. 23 novembre : tournage du clip vidéo "l'Aziza" réalisé par Olivier Chavarot. 7 décembre : "Fête des potes" au Bourget. Daniel reçoit le prix de S.O.S. racisme.
  • 1986 : Daniel repart sur le Paris Dakar pour des raisons uniquement humanitaires. Le 14 janvier, vers les 20 heures, non loin de la frontière entre le Mali et le Burkina-Faso, l'hélicoptère de Thierry Sabine s'écrase au sol. A son bord voyageaient cinq personnes : Nathalie Odent, jeune journaliste au Journal du Dimanche, François-Xavier Bagnoud, pilote, Jean-Paul Le Fur, radio, Thierry Sabine et Daniel Balavoine. Il n'y a aucun survivant.

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